Les Etats-Unis et la Turquie en guerre… des visas

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse. Image Keystone

Les Etats-Unis et la Turquie ont décidé de réduire leurs services de délivrance de visas respectifs le 8 octobre.

La tension monte d'un cran entre Washington et Ankara.

Le torchon brûle entre les États-Unis et la Turquie.

"Les récents événements ont contraint le gouvernement turc à réévaluer l'engagement du gouvernement américain en ce qui concerne la sécurité des missions diplomatiques turques et de leur personnel", a indiqué l'ambassade dans une déclaration postée sur son compte Twitter. Les Américains n'ont toutefois pas explicitement mentionné l'arrestation de son employé turc, placé mercredi soir en détention provisoire par un tribunal d'Istanbul.

Dimanche, l'ambassade américaine à Ankara a annoncé la suspendion des opérations liées aux visas hors immigration dans toutes les missions diplomatiques en Turquie.

Cuba : Washington rappelle ses diplomates, frappés par un mal mystérieux
Mais il s'agit surtout du personnel non-essentiel mais aussi des membres de familles des diplomates qui doivent partir de Cuba. Cuba, qui dément en être la source, a autorisé la venue dans le pays d'une équipe d'investigation du FBI.

La Turquie a pris une mesure de réciprocité dans l'octroi de visas aux Américains. D. R.

Cette démarche intervient après l'arrestation le 4 octobre de l'employé local du consulat américain à Istanbul Metin Topuz pour espionnage et liens présumés avec le groupe établi aux Etats-Unis du prédicateur Fethullah Gülen, qui est accusé d'être responsable du coup d'Etat avorté du 15 juillet 2016, au cours duquel 249 personnes ont été tuées. Dans une tentative apparente de se moquer de l'annonce américaine, l'ambassade turque à Washington a publié deux déclarations qui étaient presque des copiés-collés de celle de l'ambassade américaine à Ankara.

Cette guerre des visas est un nouveau point de discorde dans les relations entre Washington et Ankara, de plus en plus troublées depuis 2016.

"Nous pensons que ces allégations sont sans fondement", a ajouté le texte.

La Turquie a demandé en vain aux Etats-Unis l'extradition de Fethullah Gülen pour le putsch manqué qui a fait plus de 240 morts. Erdogan a suggéré en septembre que la Turquie pourrait le libérer en échange de Gülen, mais Washington a montré peu d'intérêt pour cette proposition.

Jean Rochefort nous a quittés