Le Qatar appelle l'Arabie saoudite et ses alliés au dialogue

Séisme diplomatique au Moyen-Orient : 5 pays du Golfe rompent leurs relations avec le Qatar

Véritable séisme diplomatique autour du Qatar: chronologie de cette crise sans précédent

Cette crise intervient deux semaines après la visite du président américain Donald Trump à Ryad où il avait exhorté Arabes et musulmans à se dresser contre les groupes extrémistes et fustigé l'Iran. D'autres pays comme les Etats-Unis, la Russie, la Turquie et l'Iran ont appelé au dialogue pour désamorcer la crise.

Le communiqué égyptien annonce la fermeture des frontières "aériennes et maritimes" avec le Qatar. Sous l'impulsion de l'Arabie Saoudite, l'état gazier, désormais isolé, doit faire face à un boycott régional qui ne sera pas sans conséquences.

Affolés par ce blocus de facto saoudien, des habitants de Doha ont pris d'assaut les supermarchés lundi, et le lait, le riz ou le poulet ont rapidement disparu des rayons.

"C'est un cycle de panique", dit Ernest, un Libanais, poussant deux chariots pleins à craquer.

Le gouvernement qatari a affirmé qu'il prendrait "toutes les mesures nécessaires pour mettre en échec les tentatives de nuire à (sa) population et (son) économie".

La dernière crise ouverte dans le Golfe remonte à 2014 lorsque trois pays du CCG (Arabie, Bahreïn et Emirats) avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans. L'émirat a en outre été désigné comme pays hôte de la Coupe du monde de football 2022. Il lui est reproché de soutenir des groupes islamistes radicaux et de ne pas prendre assez de distance avec l'Iran, grand rival de l'Arabie saoudite. La coalition arabe dirigée par l'Arabie Saoudite, qui lutte contre les rebelles du Yémen, a également expulsé le Qatar de son alliance, alléguant son soutien à "Al-Qaïda et Daesh, ainsi que les milices rebelles".

"Le Qatar a qualifié d'" injustifiée " et " sans fondement " la décision de certains pays du Golfe, prise " en coordination avec l'Égypte ". Cela est " totalement inacceptable ", ont dit les Affaires étrangères à Doha.

" "A Ryad, Donald Trump appelle à " isoler " l'Iran
Le sommet a eu lieu avec la participation du président américain Donald Trump et des dirigeants des pays islamiques. Au début de sa campagne, il avait proposé de fermer purement et simplement l'accès aux Etats-Unis aux musulmans.

Elle a provoqué une réaction mesurée de Washington, allié à la fois de Riad et de Doha, qui a invité les pays du Golfe à rester " unis ".

S'exprimant sur Al-Djazira, le chef de la diplomatie de l'émirat, cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, a assuré qu'il n'y aurait pas 'd'escalade' de la part du Qatar.

"Notre relation avec les États-Unis est stratégique", a-t-il insisté: "Il y a des choses sur lesquelles nous ne sommes pas d'accord, mais les secteurs dans lesquels nous coopérons sont plus nombreux que ceux dans lesquels nous divergeons".

Les Etats-Unis disposent à Al-Udeid au Qatar d'une grande base aérienne où sont stationnés 10'000 soldats américains. Lundi soir, le roi Salmane a reçu un appel téléphonique du président turc Recep Tayyip Erdogan et, mardi, le porte-parole de ce dernier a indiqué que M. Erdogan avait entrepris 'des efforts diplomatiques' qui pourraient durer des 'semaines'.

Cette crise diplomatique fait également suite à des semaines de tension entre Doha et ses voisins, les Qataris ayant notamment parlé d'une campagne médiatique concertée contre l'émirat.

Le différend entre le Qatar et ses pays voisins a commencé après que l'agence de presse de l'émirat aurait publié de faux commentaires concernant l'Iran et Israël.

Prise d'otage dans la banlieue de Melbourne — Australie
Ce que l'on sait — Attentat de Londres