La réaction de Trump qualifiée de "répugnante"

Donald Trump le 1er juin 2017 à WashingtonSAUL LOEB

Donald Trump le 1er juin 2017 à WashingtonSAUL LOEB

Téhéran s'est emporté ce jeudi contre la réaction du président américain Donald Trump après la double attaque dont a été victime la capitale iranienne mercredi, et qui a fait treize morts.

Mercredi soir, tout en soulignant prier pour le "peuple iranien" ainsi que pour les "victimes innocentes", Donald Trump avait lancé une mise en garde contre Téhéran: "les Etats qui appuient le terrorisme risquent de devenir les victimes du mal qu'ils soutiennent", a-t-il dit dans un bref communiqué. Une déclaration qui n'a pas manqué de faire réagir les principaux intéressés.

"Le communiqué de la Maison Blanche et les sanctions du Sénat sont répugnants alors que les Iraniens font face à la terreur soutenue par les clients des Américains", a écrit Javad Zarif sur son compte Twitter.

Les auteurs iraniens des attentats meurtriers de Téhéran qui, selon un dernier bilan établi jeudi ont fait 17 morts, étaient membres du groupe Etat islamique (EI) et avaient déjà agi en Syrie et en Irak avant de revenir en Iran, a révélé jeudi le ministère iranien des Renseignements. Alors que les relations diplomatiques entre l'Iran et les États-Unis avaient connu un net dégel durant le mandat de Barack Obama, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump semble avoir totalement rebattu les cartes.

Lors d'un récent voyage en Arabie saoudite, Donald Trump avait accusé Téhéran de "financer, armer et entraîner des terroristes (.) qui répandent la destruction et le chaos à travers la région" et appelé tous les pays à "isoler" l'Iran.

Deux des assaillants seraient Marocains — Attentat de Londres
En réponse, le maire de Londres, Sadiq Khan, a affirmé hier qu'il refusait de laisser " Donald Trump diviser nos communautés ". La police britannique a également donné l'identité du troisième assaillant.

En parallèle, le Sénat américain a voté à 92 voix contre 7 mercredi une loi qui impose de nouvelles sanctions à l'Iran, notamment pour 'soutien à des actes de terrorisme international'. Sur les réseaux sociaux, des Iraniens se sont également montrés outrés par son attitude au moment où leur pays est confronté aux premiers attentats revendiqués par l'Etat islamique (EI) sur leur sol.

Au mausolée du fondateur de la République islamique l'imam Khomeiny dans le sud de Téhéran, un homme armé a pénétré du côté ouest et a ouvert le feu avant de faire détoner sa ceinture explosive, a indiqué le chef des relations publiques du site Ali Khalili, à l'agence IRNA. Le guide suprême a lui tenu à minimiser les attaques "qui n'auront aucun effet sur la détermination du peuple iranien".

Les puissants Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime, ont accusé les Etats-Unis et l'Arabie saoudite d'être "impliqués" dans ces attentats.

Ce dernier avait promis à de nombreuses reprises pendant la campagne électorale de "déchirer" cet accord et a résolument orienté, ces dernières semaines, sa politique étrangère en direction de l'Arabie saoudite sunnite, grande rivale régionale de l'Iran chiite.

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