GB: démission des deux chefs de cabinet de Theresa May

Réactions d'économistes, analystes et gérants après le vote britannique

GB: démission des deux chefs de cabinet de Theresa May

LONDRES | La Première ministre britannique Theresa May va former un nouveau gouvernement qui, a-t-elle martelé vendredi, "mènera à bien le Brexit", malgré la perte par son parti conservateur de la majorité absolue au Parlement et les appels à sa démission. Mais " elle a perdu des sièges conservateurs, perdu des voix, perdu le soutien et la confiance. Autant d'interrogations que la Première ministre a pour l'heure balayées, insistant sur le score de son camp: "Si les conservateurs ont obtenu le plus de sièges, et le plus de votes, c'est à nous d'assurer que le pays ait cette période de stabilité".

Une position qu'elle défend toujours?

Jeremy Corbyn, le chef du Labour, largement réélu dans sa circonscription d'Islington, a réclamé la démission de Theresa May.

Un porte-parole de Downing Street avait d'abord déclaré samedi que le DUP avait donné son feu vert au "principe d'un accord sur des grandes lignes pour soutenir le gouvernement conservateur".

Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument europhile, gagnent 4 sièges à 12 mandats et ont prévenu dès jeudi soir qu'il n'y aurait "pas de coalition". De son côté, le parti europhobe Ukip s'est effondré en perdant son unique siège.

Le commissaire européen français Pierre Moscovici a jugé que Mme May avait "perdu son pari", son homologue allemand, Günther Oettinger, considérant pour sa part que Londres était désormais un partenaire "faible" pour négocier la sortie de l'UE.

Le Qatar appelle l'Arabie saoudite et ses alliés au dialogue
Les Etats-Unis disposent à Al-Udeid au Qatar d'une grande base aérienne où sont stationnés 10'000 soldats américains. D'autres pays comme les Etats-Unis, la Russie, la Turquie et l'Iran ont appelé au dialogue pour désamorcer la crise.

Mme May avait confirmé dans la foulée ses principaux ministres, Philip Hammond (Finances), Boris Johnson (Affaires étrangères), David Davis (Brexit), Amber Rudd (Intérieur) et Michael Fallon (Défense).

Le Premier ministre français, Edouard Philippe, estime toutefois que le résultat des élections ne remet pas en cause le choix des Britanniques de quitter l'UE et ne s'attend pas à ce que le pays demande finalement à rester dans l'Union, ce qui nécessiterait de toute façon l'accord de l'UE. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi appelé à "faire le maximum pour éviter" une absence d'accord. Michel Barnier, le chef des négociations pour le Brexit a fait savoir que Bruxelles attendrait que le Royaume-Uni soit prêt avant de se mettre à la table des négociations.

L'onde de choc des législatives a également touché l'Écosse, où les indépendantistes du SNP essuient de lourdes pertes, n'ayant plus que 35 sièges contre 56 en 2015.

La livre sterling, a immédiatement chuté à l'annonce des projections à 21H00 GMT, tant face à l'euro que face au dollar, et restait très affaiblie vendredi.

"Déçue", la Première ministre d'Ecosse Nicola Sturgeon a reconnu que la perspective d'un nouveau référendum d'indépendance de l'Ecosse, qu'elle appelait de ses voeux, avait pu handicaper son parti.

"Je suis tellement contente, c'est une véritable vengeance pour nous", s'est réjouie Sarah Holmes, 26 ans, fêtant le bon résultat du Labour dans un bar de Londres. La Bourse de Londres a terminé en nette hausse de 1,04%, les grandes multinationales cotées sur ce marché profitant de l'affaiblissement de la monnaie britannique qui dope la valeur de leurs revenus à l'étranger.

Theresa May tente de reprendre la main après les élections — GB