Bruxelles s'inquiète pour les négociations du Brexit

Il est possible en revanche que ce Brexit soit moins "hard" que prévu, et que Theresa May renonce à défendre l'idée que "pas d'accord du tout avec l'UE vaut mieux qu'un mauvais accord", ce qui était sa ligne jusque-là.

Les Bourses européennes ne devraient pas être affectées par la déconvenue de Theresa May, qui a perdu son pari d'accentuer sa majorité au Parlement afin de renforcer la légitimité de son gouvernement pour négocier un " Brexit dur ".

Si ces projections étaient confirmées, cela signifierait un échec cinglant pour Theresa May, qui a convoqué ces élections anticipées dans le but de conforter sa majorité en vue des négociations du Brexit.

Suite aux élections législatives anticipées du 8 juin, les Conservateurs sont en tête mais perdent leur majorité absolue.

Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument europhile, gagnent 4 sièges à 12 mandats et ont prévenu dès jeudi soir qu'il n'y aurait "pas de coalition".

Ce résultat a aussitôt provoqué une chute de la livre sterling à New York. Le DUP, qui représente l'Irlande du Nord, est en faveur d'un "Brexit doux", contrairement au "Brexit dur" proposé par Mme May, et sa chef Arlene Foster risque d'exiger des concessions en ce sens pour appuyer les conservateurs.

Jeremy Corbyn n'a pas manqué, au cours de la nuit, d'appeler Theresa May à la démission. " Si le Parti conservateur a remporté le plus de sièges et probablement le plus grand nombre de voix, il nous incombera de faire en sorte que nous ayons cette période de stabilité et c'est ce que nous ferons ". "C'est assez pour qu'elle parte et laisse la place à un gouvernement vraiment représentatif", a déclaré le leader du Labour, lui-même réélu dans son fief du nord de Londres.

Revigorés par la campagne du trublion Jeremy Corbyn, patron du Labour, ou puisant dans leur colère face à l'incertitude causée par le futur divorce avec l'Union européenne, les jeunes électeurs se sont précipités aux urnes.

Dans sa courte allocution devant la presse, la PM a indiqué être allée voir Sa Majesté la reine et va maintenant composer les membres du nouveau gouvernement.

10h39 Kerber éliminée au premier tour
Kerber a déjà été battue au premier tour l'an passé, mais c'était avant qu'elle ne prenne la tête du classement WTA à l'automne. Ses deux finales, à Barcelone puis à Madrid, perdues contre l'Espagnol, l'ont fait monter à la 6e place mondiale.

Theresa May voulait renforcer sa majorité, pari perdu. En dehors de son raid sur l'Ukip qui a bel et bien lieu au profit des tories - son leader, Paul Nuttall, qui a remplacé Nigel Farage, perd son siège, laminé par son concurrent conservateur -, a tout raté. Du côté de anti-Brexit, certains pensent que ces résultats vont donner la possibilité de repenser la manière d'aborder le Brexit.

24 heures plus tôt, la plupart des journaux londoniens appelaient les lecteurs à soutenir Theresa May et son gouvernement.

Pour le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, le scrutin signe un désaveu pour Mme May et sa position pour un Brexit "dur".

La défaite de Theresa May menace également de troubler les négociations sur le Brexit.

Ce net recul est "une très mauvaise nouvelle" pour "sa revendication d'un deuxième référendum" sur l'indépendance de l'Ecosse, a souligné Iain Begg, professeur à la LSE, à l'AFP. Un an après le référendum pour la sortie de l'Union européenne.

"C'est la leçon des deux dernières années", estime Brian Klaas, de la London School of Economics.

Le Brexit et la sécurité intérieure, dans ce pays ébranlé par trois attentats revendiqués par le groupe armé État islamique (EI) qui ont fait 35 morts en moins de trois mois, ont été au cœur des préoccupations des électeurs qui ont voté jeudi. Dans les deux cas, les négociations pourraient durer jusqu'à plusieurs semaines, ce qui porterait un coup dur au calendrier du Brexit.

"On ne veut pas que ces attaques influencent ce qu'on pense", a assuré Javed, 23 ans, dans un bureau de vote de Barking (est de Londres), d'où provenaient des auteurs de l'attentat de samedi.

Grande-Bretagne: quel scénario pour les conservateurs sans majorité ?