La Cour suprême prive le Parlement de ses pouvoirs — Venezuela

Le président de la Cour suprême du Venezuela Maikel Moreno le 3 mars 2017 à CaracasPlus

Le président de la Cour suprême du Venezuela Maikel Moreno le 3 mars 2017 à CaracasPlus

"Nicolas Maduro ne peut pas être au-dessus de la Constitution", a-t-il ajouté, estimant que le président avait "retiré le pouvoir au peuple vénézuélien".

Plus tôt dans la journée de vendredi, Luisa Ortega, chef du parquet national vénézuélien et considérée comme appartenant au camp de M. Maduro, a au contraire dénoncé une 'rupture de l'ordre constitutionnel'.

Et M. Maduro avait annoncé qu'il convoquait le Conseil de défense de la Nation "afin de délibérer et d'adopter une résolution" permettant de sortir de ce qu'il a appelé une "impasse".

Le président du Parlement vénézuélien, Julio Borges, a accusé jeudi le président Nicolas Maduro de "coup d'Etat " après cette décision de la Cour suprême de s'octroyer le droit d'édicter des lois.

Cette mesure constitue une nouvelle escalade dans la crise politique qui agite le Venezuela depuis la large victoire des antichavistes (du nom du défunt président Hugo Chavez, 1999-2013) aux élections législatives de fin 2015.

Le gouvernement, sous le feu des critiques internationales, a rejeté les accusations de "coup d'Etat" qui se multiplient et a préféré parler de "correctifs légaux".

Pas de raz de marée pour Geert Wilders
Le Premier ministre, Mark Rutte , a déclaré que les Néerlandais ont deux options lors de ce scrutin: le chaos ou la stabilité. Le candidat anti-immigration et islamophobe est un allié de Marine Le Pen, en France.

Alors que six pays d'Amérique du Sud ont réclamé le retour à l'ordre constitutionnel, Nicolas Maduro a déclaré qu'il ignorait que la Cour suprême allait prendre une telle décision, rappelant au passage tout le bien qu'il pense du parlement contrôlé par l'opposition aujourd'hui privé de ses prérogatives.

Le président colombien Juan Manuel Santos a jugé la décision de la Cour suprême "inacceptable".

A Caracas, des manifestations ont réuni quelques dizaines de personnes, a constaté l'AFP. Sur l'une des pancartes, on pouvait lire "Non à la dictature!". Et des échauffourées ont opposé des députés à la police antiémeutes devant le tribunal. Deux étudiants et un journaliste ont été arrêtés, selon une ONG.

Déjà, depuis janvier 2016, le Tribunal suprême de justice (la Cour suprême du Venezuela) a annulé systématiquement toutes les décisions de l'Assemblée nationale, en raison de l'investiture de trois députés antichavistes accusés de fraude électorale.

La Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH), organisation également basée à Washington, a rejoint vendredi le concert de critiques envers Caracas, dénonçant une "usurpation des fonctions du pouvoir législatif" et "l'annulation de facto du vote populaire" de la part de la Cour suprême.

Outre le choc des pouvoirs au Venezuela, ce pays parmi les plus violents au monde est frappé par une pénurie qui concerne 68% des produits de base et l'inflation y est devenue incontrôlable (1.660% fin 2017, prédit le FMI).

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