Négociations à Genève pour une sortie de crise à Alep — Syrie

Des djihadistes de l'Etat islamique de retour dans Palmyre

Syrie: le régime resserre son étau à Alep mais perd du terrain à Palmyre

Samedi à Alep (nord), principal front du conflit, les troupes progouvernementales ont continué de bombarder intensivement, par les airs et à l'artillerie lourde, les derniers quartiers rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Le pilonnage est d'une intensité inouïe", a dit à l'AFP Ibrahim Abou al-Leith, le porte-parole de l'organisation des secouristes des Casques Blancs à Alep, présent dans un quartier rebelle.

"La chute d'Alep est vraisemblablement actée", a estimé David Rigoulet-Roze, rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques, dans la soirée du samedi 10 décembre sur franceinfo, alors que le régime syrien a resserré son étau sur la partie Est de la ville tenue par les rebelles. "Ils meurent parce qu'on ne peut pas les sortir de là", a-t-il ajouté, alors qu'Alep-Est présente un spectacle de désolation avec la majeure partie de ses bâtiments détruits ou endommagés.

Acculés dans leur dernier carré d'Alep, les rebelles ont tiré samedi des roquettes sur les quartiers prorégime, tuant 19 civils dont deux enfants, selon l'OSDH. Selon l'Onu, environ 100.000 civils sont assiégés dans les quartiers rebelles.Mais, alors que le régime semble en passe de prendre la deuxième ville du pays, il a été pris par surprise dans le centre du pays où l'EI a pénétré à Palmyre, cité classée au patrimoine mondial de l'Humanité.

Jean-Marc Ayrault, ministre français des affaires étrangères, recevait donc ses homologues allemand, Frank-Walter Steinmeier, américain, John Kerry, qatari, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, britannique, Boris Johnson, turc, Mevlüt Çavusoglu, ainsi que des représentants de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, de l'Italie, de la Jordanie, et Federica Mogherini, haute-représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Il en a même appelé à la "compassion" de Moscou et Damas pour mettre fin à la tragédie d'Alep, en passe de tomber totalement aux mains du régime. "Un cessez-le-feu, une aide humanitaire et un départ de l'opposition (armée) et des civils d'Alep" y seront évoqués, a précisé le département d'Etat.

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L'évacuation des civils est aussi la priorité pour l'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura, qui préconise "un processus d'évacuation organisée des combattants de l'opposition" pour assurer une trêve avant une destruction totale d'Alep. C'est l'intervention militaire russe en septembre 2015 qui a permis au régime en mauvaise posture d'inverser la situation.

Déclenchée par la répression brutale de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie est devenue très complexe avec la montée en puissance de groupes jihadistes comme l'EI, l'implication de forces régionales et de puissances internationales, sur un territoire très morcelé. Cette coalition, les Forces démocratiques syriennes (FDS), a annoncé la décision de lancer la "seconde phase" de l'offensive, "dont l'objectif est de libérer les territoires à l'ouest de Raqqa et isoler ainsi la ville".

Sur le front de la province centrale de Homs, le groupe EI, à la faveur d'une offensive contre les prorégime, est parvenu à la périphérie de la cité antique de Palmyre, selon l'OSDH.

Le Pentagone a en outre annoncé que la coalition avait tué fin novembre, dans un bombardement aérien mené à Raqa, un cadre franco-tunisien de l'EI, Boubaker El Hakim.

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