Les Pirates progressent mais auront du mal à gouverner le pays — Islande

Le Parti pirate favori des législatives en Islande

Les Pirates progressent mais auront du mal à gouverner le pays — Islande

Parvenir à former une coalition majoritaire alors que la représentation parlementaire n'a jamais été aussi dispersée, avec sept partis représentés, "sera une tâche compliquée", a déclaré M. Johannsson aux journalistes à l'issue de son entrevue avec le chef de l'Etat.

Le scrutin assure 29 sièges sur 63 à la coalition de centre droit sortante, contre 27 sièges aux Pirates et leurs alliés de centre gauche, selon des résultats définitifs proclamés le 30 octobre.

Ce rejet des partis traditionnels trouve ses origines dans la crise financière de 2008 doublée du scandale des Panama Papers qui a emporté en avril le Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson (Parti du progrès), dont le nom figurait sur une liste de 600 Islandais titulaires d'un compte offshore. "Nous sommes très satisfaits", a réagi la chef de file des pirates, Birgitta Jonsdottir, comparant ses supporters à des "Robin des Bois" parce que "nous voulons prendre le pouvoir aux puissants pour le donner au peuple". Mais le parti ne fait pas le plein de voix et risque de rester aux portes du pouvoir.

Emmenée par une militante de WikiLeaks, Birgitta Jonsdottir, cette formation hétéroclite a scellé un accord pré-électoral avec trois partis de l'opposition de la gauche et du centre (Gauche-Verts, sociaux-démocrates et Avenir radieux) pour former une coalition gouvernementale.

Pour Birgir Armannsson, député du Parti de l'Indépendance qui, avec le Parti du progrès (centre-droit) gouvernait depuis 2013, la sanction des urnes ne fait aucun doute compte tenu du "sentiment anti-establishment" prévalant en Islande.

Le désaccord belge fait capoter le sommet pour la signature — CETA
Chacune des 27 capitales est désormais invitée à formaliser leur agrément par écrit d'ici à vendredi minuit. La position belge a déjà reçu un feu vert préliminaire des ambassadeurs européens auprès de l'UE.

"Il semble naturel que nous dirigions le prochain gouvernement", a commenté dans la nuit de samedi à dimanche M. Benediktsson.

Si, comme l'anticipent les sondages, la coalition gouvernementale de droite sortante était battue, sanctionnée pour son implication dans la crise financière de 2008 et le scandale des Panama Papers, l'Islande aura connu le troisième virage politique depuis 2009, les électeurs jouant depuis l'alternance.

" Il se montre ouvert à travailler avec la droite ou la gauche " mais dans l'hypothèse d'une négociation avec le parti de l'indépendance, " il posera ses conditions ", pronostique Gretar Eytorsson, professeur de sciences politiques à l'Université d'Akureyri. "Nous n'avons pas critiqué les autres partis (pendant la campagne des législatives) et ne nous sommes pas exprimés sur la couleur du futur gouvernement", s'est-il borné à déclarer. Le score du parti aurait triplé depuis les élections de 2013.

A noter, que contrairement à de nombreux pays d'Europe continentale, l'Islande n'enregistre pas de poussée radicale à droite. Ce dernier avait démissionné mais le cabinet s'était maintenu, à peine remanié, promettant des élections à l'automne six mois avant l'échéance régulière.

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