L'ONU exhorte Damas à autoriser "immédiatement" la distribution d'aide — Syrie

Le secrétaire d'Etat John Kerry lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion avec son homologue russe Sergueï Lavrov et l'envoyé spécial de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura, à Genève

L'ONU exhorte Damas à autoriser "immédiatement" la distribution d'aide — Syrie

Jobar est aux mains de factions rebelles alliées au groupe djihadiste Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) présent dans ce quartier.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), " aucun mort parmi les civils ou les combattants n'étaient à déplorer depuis lundi " dans les zones concernées par la trêve, c'est-à-dire excluant celles où sont actifs les groupes jihadistes.

Le secrétaire d'État américain John Kerry, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion avec son homologue russe Sergueï Lavrov (droite) et l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura (de dos), à Genève le 9 septembre. Elle vise à favoriser une reprise du processus de négociation pour mettre fin au conflit qui a fait plus de 300 000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés depuis mars 2011, selon l'OSDH.

De son côté, le ministère russe de la défense reproche aux Etats-Unis de se montrer réticents à remplir les engagements pris dans le cadre de la trêve reconduite pour 48 heures mercredi soir.

"Les 20 camions ont franchi la frontière turque, ils sont dans une zone tampon entre la Turquie et la frontière syrienne", a déclaré aux médias un haut responsable des Nations unies, Jan Egeland, exprimant l'espoir que l'aide soit distribuée vendredi dans les quartiers rebelles assiégés de l'est d'Alep où vivent quelque 250 000 personnes.

Selon l'ONU, une quarantaine de camions transportant de l'aide destinée à 80.000 habitants d'Alep restaient bloqués à la frontière turco-syrienne.

Mais le passage de l'aide reste conditionné au retrait, qui doit théoriquement se produire de manière simultanée, des forces gouvernementales et rebelles positionnées de part et d'autre de la route Castello. Lorsqu'ils auront le feu vert, 20 camions se rendront d'abord à Alep et, s'ils y parviennent sans encombres, le deuxième convoi partira à son tour, a fait savoir l'Office de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (OCHA).

"Le régime est prêt à se retirer mais il ne bougera pas avant que l'opposition commence à se retirer", a commenté Abdoulrahman.

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Il juge "sans fondements et complètement imméritées" les critiques et interrogations sur son intégrité. Ayant été remplacé en novembre 2014 par Jean-Claude Juncker à la tête de l'exécutif européen, M.

La trêve a été obtenue après des semaines de discussions entre Washington et Moscou, soutiens respectifs de la rébellion et du régime.

"Il est absolument essentiel, a-t-il dit, que les arrangements de sécurité nécessaires" mis en place par les belligérants pour que les camions puissent avancer, alors que les habitants des zones assiégées attendent avec impatience les convois d'aide humanitaire.

Cet appel fait suite à celui du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui avait demandé mercredi à Washington et Moscou de contribuer à débloquer la livraison de l'aide humanitaire. "Cela relève de la responsabilité directe du régime et de ses bienfaiteurs à Moscou", a précisé la Maison Blanche.

L'armée russe a accusé jeudi les États-Unis de ne pas remplir leur part des engagements prévus par l'accord de cessez-le-feu en Syrie en ne faisant pas assez pression sur les rebelles pour qu'ils prennent leurs distances avec les djihadistes.

Les États-Unis et la Russie, qui parrainent respectivement les rebelles modérés et le régime, sont les maîtres d'oeuvre de la trêve qui tient depuis lundi et a permis une forte réduction des violences sur les fronts.

Le scepticisme prévaut cependant, après l'échec de plusieurs trêves dans cette guerre complexe où sont impliqués plusieurs acteurs régionaux et internationaux de même que des groupes jihadistes qui contrôlent de vastes régions du pays morcelé.

Déclenché par la répression brutale de manifestations pro-démocratie, le conflit en Syrie a dégénéré en une guerre dévastatrice qui s'est complexifiée avec l'entrée en jeu de puissances régionales et internationales et la montée en puissance des jihadistes.

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